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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 01:13

 

Eugène Roy était professeur, virtuose du flageolet et auteur de nombreuses méthodes instrumentales et d’arrangements.

Il serait né à Lons-le-Saunier dans le Jura français vers 1790. Il semble qu’après avoir accompli ses devoirs militaires, Roy ait travaillé à Lyon où il habitait au 15, rue Tupin.

Vers 1819, il s’installe à Paris au 5, rue des Fontaines-du-Temple au nord-ouest du quartier du Marais où il réalise différentes publications au goût du jour (comme certaines sont sous-titrées) pour divers éditeurs. Il se produisait également au flageolet, instrument avec lequel il entreprit des tournées de concert et fut l’un des plus grands virtuoses du flageolet du XIXème siècle. La Bibliographie Musicale de 1822 déclare qu’il était le « flageoliste-solo des fêtes de Tivoli et du Prado ». Il meurt à Marseille en août 1827.

On peut lire dans « Les Jurassiens recommandables » de Désiré Monnier, publié en 1828, soit un an après la mort d’Eugène Roy :

« Avec un simple flageolet, il s’étoit fait un nom en France et à l’étranger. Les journaux de Paris, de Bordeaux, de Bruxelles, de Stuttgard, de Madrid et une foule d’autres ont proclamé ce rare talent. On a dit de lui « M. Roy ne peut être comparé qu’à lui-même : il faut l’avoir entendu pour se faire une idée du parti qu’il tire de cet instrument ingrat et foible, dans l’exécution des morceaux les plus difficiles, les plus brillans. Rien surtout n’est plus agréable à entendre que l’imitation de l’écho, et les duos concertans, exécutés sur un flageolet simple et d’un seul tube. »

Peu de mois avant la mort de ce jeune artiste, un journal de Lyon annonçant ses nouvelles œuvres s’exprimoit en ces termes : « De tous nos compositeurs, M. Eugène Roy est celui qui a le plus écrit pour le flageolet, et sa musique porte une empreinte de supériorité qui lui a valu les suffrages les plus honorables et les plus grands succès. »

L'Harmonicon de février 1825 mentionne au sujet d’un concert qu'il donna à Strasbourg : « il faut rendre justice à M. Roy pour dire que ses performances sur le flageolet sont très extraordinaires, notamment l'effet d'un écho prolongé qui a suscité une grande admiration; dans les chutes mourantes dont les tons étaient si faibles qu'ils étaient produits par l'artiste avec son instrument bien au-delà de ses lèvres. »

La liste des publications de Roy est longue. Nombre d’entre elles sont des méthodes et des arrangements pour flageolet, d’autres s’adressent au piano, au violon, à la flûte, à la clarinette, à la trompette, au cor et à la guitare. Ces éditions, comme il était d’usage à l’époque, ne comportaient pas de dates de publication, mais sur la base des numéros des plaques de gravure, elles peuvent toutes être datées entre 1813 et 1827.

Plusieurs méthodes pour le flageolet sont conservées à la Bibliothèque nationale de France (BnF), Département de la Musique (site Richelieu-Louvois) de même que des contredanses françaises pour flageolet ou flûte, 2 violons, alto et basse, des duos, des allemandes et des valses pour deux flageolets.

Laissons parler Eugène Roy : « Maintenant que cet instrument a fait beaucoup de progrès et qu’il est en usage dans les orchestres et dans les salons, soit pour jouer avec un Piano ou un autre instrument, principalement pour exécuter des Contredanses, on fait usage du Flageolet dans le ton de LA qui est d’une moyenne grandeur et dont le son par sa force se lie parfaitement avec les autres instruments ; presque toute la musique écrite à plusieurs parties et pour le Flageolet en La, je conseille donc aux personnes qui désirent apprendre de s’y habituer d’autant plus que le son de ce Flageolet est sonore et agréable. » (Méthode complète pour le Flageolet sans clef et avec clefs, E. Roy)

Dans son enregistrement consacré à la musique pour le flageolet français (Les Amours d’un Rossignol, 2020), Hugo Reyne suit les recommandations d’Eugène Roy et restitue des quadrilles (L’Aglaë, la Zoé, La Lucie, L’Arsène & L’Amélie) issus des Contredanses françaises [c. 1820] pour flageolet, 2 violons, alto et violoncelle avec un flageolet Tabard en la à 3 clés (Lyon, c. 1820).

 

Pour en savoir plus sur l’histoire de la contredanse :

https://www.amazon.fr/Contredanse-tournant-lhistoire-fran%C3%A7aise-danse/dp/2870279868

Pour en savoir plus sur la facture instrumentale à Lyon au XIXème :

https://rp-archivesmusiquefacteurs.blogspot.com/2017/01/lyon-au-xixeme-siecle-capitale-de-la.html

                                                                                                                                                                                                                                                                               Article révisé le 11 juin 2020

 

 

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Les enregistrements ont été réalisés sur instruments historiques : flageolet anonyme XVIIIe, flageolet d'oiseau Tibouville Frere début XIXe, flageolet Thibouville-Lamy 3 clés fin XIXe, flageolet Laveissière 5 clés fin XIXe.

Les extraits n° 1 et 2 sont issus d'une captation de concert. Les autres extraits ont été enregistrés en studio (Oxygen Art Studio).

 

Marly-19.12.8

Philippe Perlot, flageolet français 

 

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